Dialogue et rencontre

Le cardinal Marx s’exprime sur le travail des églises pour un monde pacifique.

Le cardinal Reinhard Marx
Le cardinal Reinhard Marx dpa

« La photo de Jean-Paul II à Assise lors de la rencontre avec les religions en 1986 a été une image du siècle. C’était comme une vision. Nous pensions que c’était une impulsion et que les religions seraient au XXIe siècle une partie de la solution aux problèmes de l’humanité, qu’elles veilleraient à davantage de paix, qu’une famille humaine pourrait s’unir, surtout lorsque les religions essaient de se rapprocher, de donner un signal commun. Nous savons tous que cela n’a pas été si facile, que les divisions et les tensions, la peur de la perte d’identité et la peur des autres ont plutôt augmenté. 

Cette image du siècle à Assise reste pourtant un leitmotiv – en tous les cas pour moi et pour nous tous. Nous savons que c’est difficile et qu’ensuite tout ne s’est pas passé comme nous l’avions espéré.

Le pape Jean-Paul II avait invité à Assise en 1986 près de 80 représentants de religions non chrétiennes et autant de représentants de communautés religieuses chrétiennes.
Le pape Jean-Paul II avait invité à Assise en 1986 près de 80 représentants de religions non chrétiennes et autant de représentants de communautés religieuses chrétiennes.
dpa

Mais cela a aussi besoin d’un travail durable. Le dialogue et la rencontre sont une opportunité, une chance pour un monde pacifique et libre. Comment pourrait-il en être autrement ? S’il n’est pas possible de se rencontrer sur un pied d’égalité, de s’écouter, de respecter l’autre, même si sa position est différente, sans devoir l’adopter, alors on manque de base pour le dialogue.

Nous remarquons que ce défi s’est accru ; les thèmes de migration et d’intégration ont été mentionnés. Une question qui n’est pas encore close. Que signifie l’intégration ? On en parle depuis déjà des décennies. Mais sans dialogue, sans coopération, cela ne fonctionnera pas. C’est surtout dans l’optique du dialogue du christianisme avec l’islam que nous avons un nouveau défi. En effet, lors des premières approches d’un dialogue avec toutes les religions, nous avons peut-être aussi appris que nous devons nous concentrer et qu’un dialogue doit aussi être structuré et ne doit pas être mené seulement d’une manière générale, au-delà de toutes les différences. Pour nous, dans notre pays, le dialogue entre le christianisme et l’islam est un défi particulier. Il doit mener à ce que nous surmontions les différents ainsi que l’ignorance mutuelle afin d’obtenir un rapprochement

Nous, les musulmans et les chrétiens qui sommes particulièrement concernés, devons nous élever contre toute forme de haine et de violence motivée par la religion. Ensemble, nous devons trouver un moyen de nous exprimer sans cesse publiquement et devons également veiller au sein de nos communautés à ce qu’il n’y ait pas de haine ni de discrimination, de refus du dialogue et d’hostilité. Cela vaut en particulier pour l’antisémitisme. Il faut aussi prendre position contre une islamophobie haineuse qui empêche toute cohabitation. Là aussi, nous, les chrétiens et les musulmans, il est un aspect dont nous devons tenir compte : nous nous élevons contre les prophètes de la peur. »   

Le cardinal Reinhard Marx, président de la Conférence épiscopale allemande,  extraits du discours prononcé lors de la cérémonie des 40 ans de la CIBEDO en octobre 2018 à Berlin.

Lisez ici le discours complet

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