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« J’ai des droits, mais les autres aussi »

En quoi la Loi fondamentale me concerne-t-elle ? Une association montre à des élèves ce que signifient les droits fondamentaux au quotidien – et quelles en sont leurs limites.

Helen Sibum13.05.2026
Un homme se tient devant une classe.
Visite pédagogique de « GrundGesetzVerstehen » dans une école © GrundGesetzVerstehen e.V.

Au début de la manifestation, tout se déroule encore bien. Les jeunes défilent dans le centre-ville, scandent leurs revendications et font du vacarme avec des sifflets. Mais soudain, il y a de l’agitation et certains participants deviennent agressifs. Comment réagissent les policiers qui escortent le cortège ? À partir de quand ont-ils le droit de disperser le rassemblement ? Pour cela, les obstacles sont très élevés, car la Loi fondamentale garantit la liberté de réunion. La dispersion serait le dernier recours ; avant cela, la police serait toujours tenue d’envisager d’autres options, par exemple l’expulsion des éléments perturbateurs.

Dans le cas présent, cette manifestation n’est qu’un exercice de réflexion. Ce sont des élèves qui l’ont organisée. Ils se sont penchés sur le plan de la ville, ont choisi un itinéraire et ont rempli le formulaire de déclaration du service de l’ordre public de leur ville. Deux animateurs de l’association GrundGesetzVerstehen les ont accompagnés dans cette démarche. 

Déjà 10 000 élèves sensibilisés

L’association a été fondée par des étudiants en droit allemands. L’idée : faire découvrir aux jeunes les valeurs démocratiques et libérales de manière simple. Aujourd’hui, plus de 180 membres de l’association s’engagent dans cette cause. Depuis 2021, ils ont sensibilisé plus de 10 000 élèves.

Lorsque j’organise un rassemblement, je dois veiller à ne pas compromettre indûment les droits et intérêts d’autrui.
Lukas Schlegel, membre du comité directeur de l’association GrundGesetzVerstehen
Un jeune homme regarde dans la caméra.
Lukas Schlegel, avocat et membre du comité directeur de « GrundGesetzVerstehen » © GrundGesetzVerstehen e.V.

Pour le module consacré à la liberté de réunion, les coachs réfléchissent également avec les jeunes pour déterminer les problèmes éventuels que pourrait voir le service de l’ordre public quant à leur parcours – par exemple, si la manifestation bloque l’accès à un hôpital. Il se peut aussi que le niveau sonore soit limité, l’itinéraire passant devant une école. En Allemagne, les manifestations peuvent être organisées sans autorisation ; cela dit, elles doivent être déclarées et les autorités compétentes peuvent imposer des conditions. « Lorsque j’organise un rassemblement, je dois veiller à ne pas compromettre indûment les droits et intérêts d’autrui », explique Lukas Schlegel, avocat et membre du comité directeur de GrundGesetzVerstehen.

Ce que je souhaite transmettre aux élèves ? La gratitude de vivre dans un État de droit qui fonctionne.
Lena Müller-Westphal, membre du comité directeur de l’association GrundGesetzVerstehen
Une jeune femme regarde dans la caméra.
Lena Müller-Westphal, doctorante en droit et membre du comité directeur de « GrundGesetzVerstehen » © GrundGesetzVerstehen e.V.

Lena Müller-Westphal s’engage également au sein du comité directeur de l’association. Que souhaite transmettre cette doctorante en droit aux élèves ? « La gratitude de vivre dans un État de droit qui fonctionne. Et leur faire connaître le fonctionnement des droits fondamentaux – ainsi que ses limites. » Comme dans l’exercice sur la liberté de réunion : « Nous encourageons les jeunes à peser le pour et le contre : j’ai des droits, mais les autres aussi. »