Les Allemands ont-ils le sens de l'humour ? Un voyage de Tucholsky à TikTok
Pourquoi l'humour allemand cache-t-il des histoires surprenantes – et quel est le rapport avec un ver ?
Le préjugé persiste : les Allemands n’auraient pas le sens de l’humour. Mais si l’on jette un œil sur les 100 dernières années, on constate à quel point l’humour allemand est en réalité varié, subtil et en constante évolution.
Les « Années folles » (années 1920) : satire et ironie
Après la Première Guerre mondiale, l’Allemagne vit une période de bouleversements : l’inflation et l’instabilité politique marquent le pays, ainsi qu’une démocratie naissante. C’est dans cette période mouvementée que l’humour s’épanouit. C’est en recourant à un humour subtil que des satiristes tels que Kurt Tucholsky s’attaquent au militarisme et à l’étroitesse d’esprit : leur objectif est de mettre en lumière les injustices et d’inciter la société à réfléchir. À la question « Que peut faire la satire ? », Tucholsky répondait en 1919 : « Tout. »
Dieses YouTube-Video kann in einem neuen Tab abgespielt werden
YouTube öffnenContenu tiers
Nous utilisons YouTube pour intégrer un contenu qui collectera possiblement des données sur vos activités. Merci de vérifier les détails et d’accepter le service afin de pouvoir afficher ce contenu.
Ouvrir le formulaire de consentementDans les années 1920, l’humour est bien plus qu’un simple divertissement, et ce également dans les salles berlinoises. L’artiste de cabaret Claire Waldoff met en scène la vie des petites gens – de manière directe, impertinente et avec un accent berlinois. Ses chansons, telles que « Raus mit den Männern ausm Reichstag » (Sortez les hommes du Reichstag), ne sont pas seulement drôles, elles sont aussi politiques : avec une ironie cinglante, elle revendique une plus grande participation des femmes et se moque des « messieurs distingués » du Parlement.
L’humour pendant la période nazie : le quotidien comme point d’ancrage
Le nazisme et la Seconde Guerre mondiale mettent presque entièrement fin au débat humoristique. La satire et le cabaret sont en grande partie interdits ; l’humour sert parfois d’instrument de propagande et véhicule des images négatives de l’ennemi. Aussi, des acteurs tels que Heinz Rühmann, Hans Moser et Theo Lingen deviennent très populaires grâce à des comédies cinématographiques assez peu politiques.
Karl Valentin, acrobate verbal et maître de l’humour absurde, est également toléré par le régime nazi, mais il n’est pas considéré comme fidèle à la ligne du parti. Grâce à ses jeux de mots et à sa logique fantaisiste, il fait rire le public.
Dieses YouTube-Video kann in einem neuen Tab abgespielt werden
YouTube öffnenContenu tiers
Nous utilisons YouTube pour intégrer un contenu qui collectera possiblement des données sur vos activités. Merci de vérifier les détails et d’accepter le service afin de pouvoir afficher ce contenu.
Ouvrir le formulaire de consentementLes années 1950 et 1960 : jeux de mots et provocation
Au lendemain de la guerre, l’humour allemand retrouve toute sa diversité. Trude Herr, connue pour son dialecte de Cologne et ses chansons telles que « Ich will keine Schokolade, ich will lieber einen Mann » (Je ne veux pas de chocolat, je préfère un homme), joue avec autodérision les rôles féminins classiques. Heinz Erhardt est le maître des jeux de mots inoffensifs, mais raffinés : ses rimes telles que celles de la chanson « Die Made » (L’asticot) sont encore très populaires aujourd’hui.
Dieses YouTube-Video kann in einem neuen Tab abgespielt werden
YouTube öffnenContenu tiers
Nous utilisons YouTube pour intégrer un contenu qui collectera possiblement des données sur vos activités. Merci de vérifier les détails et d’accepter le service afin de pouvoir afficher ce contenu.
Ouvrir le formulaire de consentementDans les années 60, période marquée par le mouvement étudiant, Wolfgang Neuss fait sensation sur scène avec son humour politique, son sens de la satire et son goût pour briser les tabous. L’« homme à la timbale » provoque, polarise et devient le porte-parole d’une nouvelle génération critique.
Les années d’une nouvelle ouverture : l’ironie subtile du quotidien
Dans une société oscillant entre pression de la réussite, renouveau et conformisme, Vicco von Bülow, alias Loriot, devient le maître de l’ironie subtile : ses sketchs dissèquent les petits malentendus et les absurdités du quotidien et de la vie familiale en Allemagne.
Dieses YouTube-Video kann in einem neuen Tab abgespielt werden
YouTube öffnenContenu tiers
Nous utilisons YouTube pour intégrer un contenu qui collectera possiblement des données sur vos activités. Merci de vérifier les détails et d’accepter le service afin de pouvoir afficher ce contenu.
Ouvrir le formulaire de consentementQu’il s’agisse du célèbre « œuf du petit-déjeuner » ou du chien qui parle, l’humour de Loriot est discret, mais toujours percutant. Il montre que ceux qui savent rire d’eux-mêmes prennent la vie plus à la légère.
Otto Waalkes, dit Otto, est tout aussi couronné de succès, mais plutôt enclin au burlesque ; il marque depuis des décennies la culture humoristique allemande avec ses jeux de mots, ses sketchs absurdes, ses personnages de bande dessinée drôles et ses parodies musicales.
Dieses YouTube-Video kann in einem neuen Tab abgespielt werden
YouTube öffnenContenu tiers
Nous utilisons YouTube pour intégrer un contenu qui collectera possiblement des données sur vos activités. Merci de vérifier les détails et d’accepter le service afin de pouvoir afficher ce contenu.
Ouvrir le formulaire de consentementLes années modernes : l’humour, miroir d’une société diversifiée
Avec la réunification allemande, la mondialisation et la numérisation, l’humour prend un nouvel élan. Dans de nombreux endroits, on peut le voir et l’entendre : à la télévision, dans des salles combles, dans des podcasts, sur Internet, à la caisse du supermarché – et parfois même au Bundestag. Les thèmes abordés ? Ils sont aussi diversifiés que la société elle-même. Migration, genre, climat, réseaux sociaux, politique : rien n’est tabou.
Dieses YouTube-Video kann in einem neuen Tab abgespielt werden
YouTube öffnenContenu tiers
Nous utilisons YouTube pour intégrer un contenu qui collectera possiblement des données sur vos activités. Merci de vérifier les détails et d’accepter le service afin de pouvoir afficher ce contenu.
Ouvrir le formulaire de consentementL’un des humoristes et hommes de scène allemands les plus populaires est Hape Kerkeling : connu depuis des décennies pour ses sketchs télévisés parfois anarchiques, aujourd’hui encore, il continue d’allier parodie et improvisation à la comédie et à l’animation.
Dieses YouTube-Video kann in einem neuen Tab abgespielt werden
YouTube öffnenContenu tiers
Nous utilisons YouTube pour intégrer un contenu qui collectera possiblement des données sur vos activités. Merci de vérifier les détails et d’accepter le service afin de pouvoir afficher ce contenu.
Ouvrir le formulaire de consentementDes humoristes tels que Jan Böhmermann, Ana Lucía, Assane Badiane, Martina Hill ou Felix Lobrecht apportent un vent de fraîcheur et de nouvelles perspectives. Ils jouent avec les identités et les préjugés, séduisant parfois même un public international. De jeunes artistes, souvent issus de l’immigration, abordent avec légèreté les thèmes de l’origine, de la diversité et des débats de société.
Dieses YouTube-Video kann in einem neuen Tab abgespielt werden
YouTube öffnenContenu tiers
Nous utilisons YouTube pour intégrer un contenu qui collectera possiblement des données sur vos activités. Merci de vérifier les détails et d’accepter le service afin de pouvoir afficher ce contenu.
Ouvrir le formulaire de consentement